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L’ouverture des boutiques de cigarettes électroniques pendant le confinement

Publié le : 01/05/2020
Catégories : Actualité générale

Le coronavirus a changé notre rapport au monde ; le confinement, notre rapport au temps. Parmi les nombreuses questions que son annonce a mises sur le devant de la scène, une concerne directement la communauté des vapoteurs : le confinement implique-t-il l’arrêt de la vente de e-liquides et de matériel ?

Le suspense n’a pas duré très longtemps.

À la mi-mars, le ministre de la santé, Olivier Veran, a tranché : au même titre que les patchs de nicotine et que les cigarettes traditionnelles, sa vente est maintenue, à la seule réserve d’un respect des gestes barrières.

Du jour au lendemain, la cigarette électronique a été propulsée au rang de « produit de première nécessité ». Il va sans dire que cela dessine de nouvelles perspectives pour la reconnaissance de la vapoteuse dans l’hexagone.

Le coronavirus a obligé le Gouvernement à prendre position sur le statut de la cigarette électronique.

Produit de loisir dangereux pour les uns, solution miracle au tabagisme et à ses ravages pour les autres… Depuis ses débuts, la vapoteuse fait débat. Loin de ces deux positions extrêmes, les autorités françaises ont jusqu’ici fait preuve, à son égard, d’un mélange 50/50 (hum..) d’intérêt et de méfiance. Sa reconnaissance évolue peu à peu, au fur et à mesure que la communauté scientifique multiplie les études et les expériences qui, de manière générale, tendent à montrer son intérêt thérapeutique dans le cadre de l’arrêt du tabac, autant que sa faible toxicité.

Mais, comme le regrettent ses adeptes – consommateurs, vendeurs ou syndicats – les avancées concernant son statut ont été, jusqu’alors, prudentes, se heurtant, malgré des résultats encourageants, au controversé principe de précaution. La survenue du coronavirus a obligé les autorités à accélérer ce processus. Du jour au lendemain, il a fallu décider du sort de la cigarette électronique pendant le confinement. Allait-elle être assimilée au tabac, aux produits de pharmacie ou, comme l’on pouvait s’y attendre, aux lieux de vie, culturels ou commerces non-essentiels qui durent fermer leurs portes ?

Pour décider quelle solution adopter, plusieurs facteurs devaient être pris en compte :

  • Le facteur sanitaire : sous quelles modalités des shops, souvent contigus et dans lesquels on essaye avant d’acheter, peuvent-ils respecter les gestes barrière ?
  • Le facteur thérapeutique : quel est l’intérêt médical de la cigarette électronique dans l’arrêt du tabac ?
  • Le facteur politique : est-ce judicieux pour le Gouvernement d’avancer dans la voie de la reconnaissance de la vapoteuse ?
  • Et, finalement, le facteur pragmatique : les vapoteurs ne risquent-ils pas, si les shops sont fermés mais que les bars-tabacs restent ouverts, de retourner à la cigarette ?

Le temps était compté. Il fallait décider vite. Cette décision, heureusement pour les vapoteurs et au grand dam de l’industrie du tabac, fut prise par Olivier Veran.

La décision courageuse d’Olivier Veran d’autoriser les boutiques à rester ouvertes pendant le confinement

Médecin neurologue, député LREM et maintenant, ministre de la Santé, Olivier Veran a toujours eu une ligne cohérente sur la cigarette électronique : il s’agit d’une solution d’avenir, dans laquelle il faut placer des espoirs importants.

En tant que scientifique, il insista à de nombreuses reprises sur sa moindre nocivité par rapport au tabac, s’indignant dans un entretien donné au Journal du Dimanche le 19 décembre 2019, de la décision de l’OMS de qualifier le vapotage de toxique ; et rappelant, dans l’émission Bourdin direct (octobre 2019, qu’ « entre une combustion de tabac qui vous flingue les artères et qui provoque des cancers et du vapotage […] qui ne provoque pas de lésions, il n’y a pas photo ».

Il mit également en cause l’utilisation qui était faite, jusqu’ici, du principe de précaution : « Le principe de précaution, on pourrait aussi l’inverser en disant : plus on attend, et plus on a de morts, et plus on pourra s’en vouloir plus tard » (intervention lors du Sommet de la Vape 2019).

Son positionnement va plus loin que la seule question de la cigarette électronique : il s’est également illustré dans la lutte contre le tabagisme, en votant, lorsqu’il était député, deux réformes emblématiques (le paquet de tabac neutre et l’augmentation du prix du paquet en direction des 10 euros), tout comme dans le processus d’autorisation du cannabis thérapeutique.

En un mot, l’homme, le médecin et le responsable politique s’accordent sur une chose : il faut trancher rapidement le débat autour de la cigarette électronique, sur la base d’études scientifiques solides. Il émet le vœu personnel qu’elle soit enfin reconnue comme un outil majeur pour le sevrage tabagique.

Avec la crise du coronavirus, il eut une occasion presque inespérée de faire progresser significativement le débat. L’article L.3131-1 du code de la santé, qui s’apparente à une véritable clause générale, permet au ministre de la santé de prendre toute mesure nécessaire pour motifs sanitaires impérieux. Autrement dit, il allait pouvoir fixer, avec une grande latitude, le statut de la cigarette électronique pendant le confinement. Pris ensembles, les arrêtés du 14 et du 17 mars 2020 sont explicites : les boutiques de cigarette électronique pourront rester ouvertes, parce qu’elles entrent dans le champ de la vente de produits de première nécessité.

Nous tenons ici à souligner ici le rôle qu'a joué la FIVAP, la fédération interprofessionnelle de la vape, sur ce choix. Merci à eux.  

« Produit de première nécessité » : la perspective d’un avenir radieux pour la vapoteuse

Au-delà du seul soulagement pour les consommateurs et les commerçants, cette décision constitue un véritable changement de paradigme pour l’image et la reconnaissance de la vape dans l’hexagone. Cette consécration, matérialisée en quelques lignes dans l’arrêté du 17 mars, signifie que le statut de la cigarette électronique a changé : plus qu’un produit de confort, elle est une source légitime et nécessaire de nicotine, tout comme les patchs et les inhalateurs vendus en pharmacie. Ses consommateurs n’en ont pas qu’un besoin superficiel, mais un besoin réel.

Finalement, la cigarette électronique a une dimension thérapeutique maintenant indéniable. Sans trop se risquer à prédire l’évolution du droit, tout semble indiquer que le champ politique est dorénavant ouvert à une reconnaissance pleine et entière de la dimension thérapeutique de la cigarette électronique.

Peut-être, nous pouvons l’espérer, quand la crise sera passée et qu’il sera à nouveau temps de légiférer sur des sujets de société importants, le remboursement des vapoteuses et de leurs e-liquides par la Sécurité sociale sera acté...

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