Malgré ce que peuvent laisser à penser ces études, la toxicité inhérente à l’usage du sucralose dans la vape est encore entourée de mystère. La communauté scientifique reste divisée sur les effets concrets de son utilisation. Surtout, les autorités de santé ne se sont pas encore prononcées, y compris au nom du principe de précaution. Cela suggère que s’il peut entrainer une toxicité supplémentaire, celle-ci reste contenue. Dans l’attente de résultats définitifs, le bon sens commande de limiter la consommation de sucralose dans les e-liquides et, éventuellement, à se tourner vers d’autres produits faisant usage d’édulcorants alternatifs, supposés moins néfastes, comme l’Érythritol, le Xylitol, ou l’édulcorant dérivé de la Stévia (7).
Mais alors, pourquoi cet empressement des fabricants à la retirer de leur catalogue, ou du moins, à proposer de toute urgence des alternatives sans sucralose ? Une explication bien plus convaincante peut être trouvée si l’on adopte un angle marketing. D’un côté, des consommateurs soucieux de la qualité des produits qu’ils ingèrent ou vapent, et l’existence d’édulcorants alternatifs. De l’autre, un produit dont la toxicité n’est pas avérée, mais qui fait l’objet d’études peu rassurantes. Il serait donc peu judicieux de continuer à l’utiliser, et ce, indépendamment de sa toxicité réelle ! La théorie des apparences joue contre le sucralose.
En outre, pour les fabricants, cette polémique est l’occasion de renoncer complètement à l’ajout de sucre ou d’édulcorant dans les e-liquides, pour obtenir le précieux sésame d’une certification AFNOR. Cet organisme permet de distinguer les e-liquides qui répondent, en plus des normes légales, aux conditions facultatives et particulièrement strictes de cette norme de qualité. Celle-ci garantit que l’e-liquide est produit avec une base (propylène glycol et glycérine végétale) et une nicotine de qualité pharmaceutique, et qu’il est dénué de colorants et d'édulcorants (8).