Début 2020, l’OMS a rendu un avis largement repris par les médias, dans lequel elle émettait, sans la réserve qui la caractérise en temps normal, l’idée que les cigarettes électroniques sont, sans aucun doute, dangereuses pour la santé, notamment du fait des substances toxiques auxquelles elles exposeraient les consommateurs et des complications pulmonaires qu’elles provoqueraient (2). L’image de l’e-cigarette s’en est retrouvée profondément écornée.
La présente étude intervient donc dans un contexte de controverse où, d’une part, de nombreuses études suggèrent le potentiel thérapeutique et la moindre nocivité de l’e-cigarette et, d’autre part, l’instance scientifique de référence de l’ONU décourage son utilisation.
Dès ses premières lignes, elle rappelle les funestes données disponibles sur la cigarette conventionnelle, en évoquant les 8 millions de morts par années qu’elle provoque et sa responsabilité dans 90% des cancers des poumons à travers le monde. Les auteurs tirent comme conséquence de cet état de fait qu’il est impératif de trouver des alternatives moins toxiques à la cigarette, de manière à endiguer cette mortalité extrême.
Ils présentent ensuite l’état de la science sur l’e-cigarette et le tabac chauffé, deux substituts prometteurs au tabagisme traditionnel, en insistant sur les résultats d’études antérieures suggérant l’intérêt thérapeutique de l’e-cigarette dans l’arrêt du tabac.
Finalement, la question qui se pose aux chercheurs est la suivante : qui, du tabac chauffé ou de l’e-cigarette, est l’alternative à la cigarette conventionnelle la moins toxique pour les poumons et dégageant le moins de substances nocives ? Pour répondre à cette question, ils ont construit un protocole à même de permettre de chiffrer et de comparer cette nocivité entre ces trois moyens d'administrer de la nicotine.