Cigarette électronique et santé : ce que disent les études

La cigarette électronique est-elle dangereuse pour la santé ? Ce que disent les études

Oui, la cigarette électronique présente des risques : l’ANSES (2026) juge probables des effets cardiovasculaires liés à la nicotine, et possibles des effets respiratoires et cancérogènes. Pour un fumeur, Tabac Info Service estime qu’« il semble que vapoter reste moins dangereux que fumer des cigarettes ». Elle s’adresse aux fumeurs adultes qui arrêtent le tabac, jamais aux non-fumeurs.

Par l’équipe iClopeMis à jour le 24 septembre 2026Lecture : 12 min

L’essentiel

  • La vape n’est pas inoffensive : l’ANSES retient en 2026 des effets cardiovasculaires probables avec nicotine, et des effets respiratoires et cancérogènes possibles, avec ou sans nicotine.
  • Les effets du tabac fumé sont, selon la même ANSES, « graves, avérés et très documentés » ; Santé publique France lui attribue plus de 68 000 décès en France en 2023.
  • Sans combustion, le vapoteur évite le monoxyde de carbone et les goudrons du tabac brûlé, mais pas toute exposition.
  • Le recul manque sur le long terme : les auteurs de la revue Cochrane 2026 demandent des essais plus longs.
  • Non-fumeurs, mineurs et femmes enceintes : la vape ne leur est pas destinée.

Les risques de la cigarette électronique selon l’ANSES (2026)

L’ANSES, l’agence nationale de sécurité sanitaire, a publié le 4 février 2026 un avis et un rapport sur les risques sanitaires des produits du vapotage. Elle classe chaque effet selon le niveau de preuve : « probable » est plus fort que « possible ».

Conclusions de l’avis de l’ANSES du 4 février 2026 sur les produits du vapotage.
Effets surAvec nicotineSans nicotine
Le cœur et les vaisseauxProbables, dont une hausse de la pression artériellePossibles
Les voies respiratoiresPossiblesPossibles
Le risque de cancerPossiblesPossibles

Le même avis rappelle que, « concernant le tabac fumé, les effets sanitaires sont à la fois graves, avérés et très documentés ». L’ANSES en tire deux conclusions :

  • la cigarette électronique « peut être envisagée comme une option transitoire pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer », dans une démarche de sevrage où elle remplace entièrement le tabac ;
  • il faut « écarter les actions susceptibles d’encourager à s’initier au vapotage », en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes.

Notre article Rapport de l’ANSES sur le vapotage : le résumé revient en détail sur cet avis.

Vape et cigarette : ce que change l’absence de combustion

Une cigarette brûle du tabac ; une cigarette électronique chauffe un liquide, sans combustion. L’ANSES comme Tabac Info Service partent de cette différence. En vapotant, écrit Tabac Info Service, « vous évitez ainsi de respirer une partie des substances très toxiques libérées par une cigarette de tabac brûlée, comme le monoxyde de carbone, les goudrons et plusieurs milliers d’autres produits toxiques ».

Retenez le mot « partie » : la vapeur n’est pas de l’air pur, et l’ANSES relève des effets possibles même sans nicotine.

Selon les sources françaises citées sur cette page.
Point de comparaisonCigarette de tabacCigarette électronique
FonctionnementCombustion du tabacChauffage d’un liquide, sans combustion (ANSES)
Monoxyde de carbone et goudronsPrésents dans la fuméeÉvités, selon Tabac Info Service
Substances toxiques7 000 substances chimiques, dont 70 cancérigènes connus (INCa)Une partie des substances toxiques du tabac brûlé est évitée ; la vapeur n’est pas neutre
Effets sur la santé« Graves, avérés et très documentés » (ANSES)Probables ou possibles selon les effets (ANSES)
NicotinePrésenteAu choix, de 0 à 20 mg/ml au maximum en France

Les méfaits du tabac, eux, sont mesurés. Selon Santé publique France, il a causé plus de 68 000 décès prématurés et évitables en France en 2023, soit 11 % des décès ; les cancers représentent 57 % de ces décès. Pour situer la vape parmi d’autres expositions, lisez notre article Échelle des risques liés à l’inhalation.

Ce que disent les autorités de santé françaises

Les avis diffèrent, car ils n’ont pas la même date et ne répondent pas à la même question. Les voici, du plus récent au plus ancien.

Positions les plus récentes trouvées au 24 septembre 2026, avec leur date.
OrganismeDateCe qu’il dit
ANSESFévrier 2026Effets cardiovasculaires probables avec nicotine, effets respiratoires et cancérogènes possibles ; « option transitoire » pour les fumeurs qui ont du mal à arrêter
Tabac Info ServiceFévrier 2026« Le vapotage présente des risques pour la santé » ; « il semble que vapoter reste moins dangereux que fumer des cigarettes » ; « si vous ne fumez pas, ne vapotez pas »
Institut national du cancer (INCa)Février 2023Des effets irritants ou toxiques qui « semblent moins élevés que ceux du tabac » ; pas encore un outil validé d’aide à l’arrêt
Haut Conseil de la santé publiqueNovembre 2021Preuves insuffisantes pour que les soignants la proposent comme aide au sevrage, sans exclure qu’elle aide certains fumeurs
Académie nationale de médecineDécembre 2019« Il est établi que la vaporette est moins dangereuse que la cigarette » ; « il est donc préférable pour un fumeur de vapoter »
Haute Autorité de santé2014Non recommandée comme outil d’aide à l’arrêt, faute d’évaluation suffisante, mais à ne pas décourager chez le fumeur qui a commencé à vapoter et veut arrêter de fumer

Deux repères de date. L’INCa écrivait en 2023 que les données ne permettaient pas encore d’affirmer que la vape est un outil validé d’aide à l’arrêt ; la revue Cochrane mise à jour en août 2026 conclut depuis qu’elle aide davantage à arrêter que les substituts nicotiniques. La HAS, elle, a engagé en 2023 l’actualisation de sa recommandation de 2014 ; à notre connaissance, aucune nouvelle version n’était publiée au 24 septembre 2026.

Pour arrêter de fumer : ce que montre la revue Cochrane 2026

La revue Cochrane rassemble les essais sur la cigarette électronique et l’arrêt du tabac. Sa mise à jour publiée le 26 août 2026 porte sur 90 études et plus de 29 000 participants. Elle conclut, avec un niveau de certitude élevé, que la cigarette électronique avec nicotine aide davantage de personnes à arrêter de fumer pendant au moins six mois que les substituts nicotiniques : sur 100 personnes, 8 à 10 arrêtent avec elle, contre 6 avec les patchs ou les gommes.

Sur la sécurité, la revue observe :

  • des effets indésirables graves rares, à des taux probablement proches de ceux des substituts nicotiniques (certitude modérée) ;
  • des effets courants qui tendent à diminuer : irritation de la gorge ou de la bouche, maux de tête, toux, nausées.

Ses auteurs fixent aussi des limites. Ils ne détectent pas d’effet grave à court terme, mais jugent nécessaires des essais plus longs et plus grands pour évaluer la sécurité, et demandent davantage de données sur les appareils récents. Surtout, la revue mesure l’aide à l’arrêt et les effets indésirables, pas la nocivité comparée à la cigarette.

Pour passer à la pratique, lisez notre guide Arrêter de fumer avec la vape.

Ce qu’on ne sait pas encore

  • Les effets à long terme. Les auteurs de la revue Cochrane ne détectent pas d’effet grave à court terme, mais demandent des essais plus longs pour juger de la sécurité dans la durée. Les effets que l’ANSES qualifie de « possibles » restent à confirmer ou à écarter.
  • Les appareils récents. La revue Cochrane réclame plus de données sur les modèles actuels.
  • Les produits hors cadre. Les résultats de la revue valent pour des produits réglementés contenant de la nicotine. Un liquide modifié ou d’origine inconnue sort de ce que les études ont mesuré.

Pour un fumeur, ces inconnues ne sont pas une raison de rester au tabac, dont les méfaits sont établis. Pour un non-fumeur, elles sont une raison de plus de ne pas commencer. C’est le sens de l’avis de l’ANSES : une option transitoire pour sortir du tabac.

La nicotine : dépendance et effets sur le cœur

La nicotine est ce qui calme l’envie de fumer. Elle crée une forte dépendance : l’avertissement obligatoire sur les e-liquides qui en contiennent le dit mot pour mot, « La nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance. Son utilisation par les non-fumeurs n’est pas recommandée. »

Selon l’Institut national du cancer, la nicotine n’est pas cancérigène : les cancers liés au tabac sont dus aux substances produites par le tabac et sa fumée. Elle n’est pas pour autant sans effet, puisque l’ANSES juge probables des effets cardiovasculaires en sa présence, dont une hausse de la pression artérielle.

En pratique, un fumeur a besoin d’assez de nicotine au début pour ne pas rallumer de cigarette, puis la baisse par paliers une fois le tabac arrêté. Notre guide Taux de nicotine : trouver le bon dosage explique comment régler ce départ.

À qui la vape ne s’adresse pas

  • Aux non-fumeurs. Tabac Info Service le dit simplement : « Si vous ne fumez pas, ne vapotez pas. » L’ANSES recommande d’écarter tout ce qui pourrait encourager à s’initier au vapotage. Notre position est la même : vapoter sans être fumeur ? Notre réponse est non.
  • Aux mineurs. La vente de produits du vapotage aux moins de 18 ans est interdite (article L3513-5 du Code de la santé publique), et le vendeur doit demander une preuve de majorité.
  • Aux femmes enceintes. Le Haut Conseil de la santé publique a déconseillé en 2021 la cigarette électronique aux femmes enceintes qui fument, par principe de précaution. Tabac Info Service rappelle que la Société francophone de tabacologie et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français en déconseillent l’usage, et que les substituts nicotiniques sont compatibles avec la grossesse. L’ANSES évoque des effets possibles sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, ou appelez le 39 89.

Fumer et vapoter à la fois : le point de vigilance

Le bénéfice attendu vient de l’arrêt de la combustion. Tant que vous fumez encore, même moins, vous restez exposé à la fumée du tabac. Tabac Info Service conseille de « limiter dans le temps le double usage », et l’ANSES parle d’une démarche de sevrage en usage exclusif. L’objectif est donc de remplacer toutes les cigarettes. Notre guide Fumer et vapoter en même temps : sortir du double usage aide à franchir cette étape.

Et pour l’entourage ? Le vapotage passif

Les avis officiels cités sur cette page portent sur la personne qui vapote. Nous n’en tirons donc pas de chiffre sur le risque pour l’entourage. Notre article Vapotage passif revient sur ce sujet.

La loi, elle, interdit de vapoter dans les établissements scolaires et ceux qui accueillent des mineurs, dans les transports collectifs fermés et dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif (article L3513-6 du Code de la santé publique). Par respect et par précaution, évitez aussi de vapoter près des enfants, des femmes enceintes et des non-fumeurs, surtout dans un lieu fermé. Notre guide Vape et loi en France détaille les lieux concernés.

Vapoter en limitant les risques : les bons réflexes

  • Des produits conformes. En France, fabricants et importateurs déposent un dossier de notification six mois avant la mise sur le marché de leurs produits (article L3513-10 du Code de la santé publique), et la loi exige des ingrédients de haute pureté tout en interdisant certains additifs (article L3513-7). N’ajoutez pas à votre liquide de substance qui n’y est pas prévue.
  • Hors de portée des enfants. Les e-liquides nicotinés portent cette mention obligatoire et un dispositif de sûreté pour enfants : rangez-les comme un médicament.
  • Un taux de nicotine adapté : assez pour ne pas fumer, puis en baisse une fois le tabac arrêté.
  • Un matériel entretenu, avec le chargeur prévu par le fabricant et des accus en bon état.

Les mots techniques de la vape (PG, VG, résistance, sels de nicotine...) sont expliqués dans notre glossaire de la vape.

Questions fréquentes

Vapoter est-il dangereux pour les poumons ?

Des risques existent : l’ANSES juge possibles en 2026 des effets sur les voies respiratoires, avec ou sans nicotine. Sans combustion, le vapoteur évite en revanche le monoxyde de carbone et les goudrons du tabac brûlé, selon Tabac Info Service. Les effets à long terme restent à préciser. Pour un fumeur, l’enjeu est de remplacer toutes les cigarettes ; pour un non-fumeur, de ne pas commencer.

La cigarette électronique donne-t-elle le cancer ?

On ne peut pas l’exclure : l’ANSES classe les effets cancérogènes du vapotage comme possibles, avec ou sans nicotine. La nicotine elle-même n’est pas cancérigène selon l’Institut national du cancer, alors que la fumée de tabac contient 70 cancérigènes connus. Le recul manque encore pour mesurer le risque de cancer lié à la vape sur le long terme.

Vapoter est-il moins dangereux que fumer ?

Pour un fumeur qui remplace toutes ses cigarettes, c’est ce que retiennent plusieurs sources françaises. Tabac Info Service écrit qu’« il semble que vapoter reste moins dangereux que fumer des cigarettes », et l’Académie nationale de médecine jugeait en 2019 « préférable pour un fumeur de vapoter ». La vape garde ses propres risques, notamment cardiovasculaires selon l’ANSES. Pour un non-fumeur, ne pas vapoter du tout reste préférable.

La nicotine de la cigarette électronique est-elle dangereuse ?

Elle crée une forte dépendance, et l’ANSES juge probables des effets cardiovasculaires en sa présence, dont une hausse de la pression artérielle. Selon l’Institut national du cancer, elle n’est pas cancérigène. Pour un fumeur, elle sert à calmer le manque le temps d’arrêter le tabac, puis se baisse progressivement.

Peut-on vapoter pendant la grossesse ?

C’est déconseillé. Le Haut Conseil de la santé publique (2021), la Société francophone de tabacologie et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français la déconseillent aux femmes enceintes, et l’ANSES évoque des effets possibles sur le fœtus. Des substituts nicotiniques compatibles avec la grossesse existent : parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, ou appelez le 39 89.

Pourquoi entend-on des avis si différents sur la vape ?

Parce que les organismes ne répondent ni à la même question ni à la même date. Cochrane mesure l’aide à l’arrêt, l’ANSES évalue les risques du vapotage, la HAS et le HCSP formulent des recommandations pour les soignants. Pour vous repérer, regardez toujours la date d’un avis et la question qu’il traite.

Sources

  1. Vapoter : quels risques pour la santé ? (ANSES, 2026)
  2. Avis et rapport relatifs à l’évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage (saisine TABAC2023-AUTO-0223) (ANSES, 2026)
  3. Je choisis la vapoteuse (Tabac Info Service, 2026)
  4. Vapoter pendant la grossesse (Tabac Info Service, 2026)
  5. Electronic cigarettes for smoking cessation (revue systématique, mise à jour) (Cochrane, 2026)
  6. Les décès attribuables au tabagisme, estimations pour l’année 2023 (Santé publique France, 2026)
  7. Le tabac, premier facteur de risque évitable de cancers (Institut national du cancer, 2025)
  8. Cigarettes électroniques : ce qu’il faut savoir (Institut national du cancer, 2023)
  9. Avis relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique (Haut Conseil de la santé publique, 2021)
  10. L’Académie nationale de médecine rappelle les avantages prouvés de la cigarette électronique (Académie nationale de médecine, 2019)
  11. Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premier recours (Haute Autorité de santé, 2014)
  12. Actualisation de la recommandation sur l’arrêt de la consommation de tabac, note de cadrage (Haute Autorité de santé, 2023)
  13. Code de la santé publique, chapitre Produits du vapotage (articles L3513-6, L3513-7, L3513-10) (Légifrance, 2026)
  14. Article L3513-5 du Code de la santé publique (vente aux mineurs) (Légifrance, 2016)
  15. Arrêté du 19 mai 2016 relatif aux modalités d’inscription des avertissements sanitaires sur les produits du vapotage (Légifrance, 2016)
  16. Arrêté du 19 mai 2016 relatif aux produits du vapotage contenant de la nicotine (Légifrance, 2016)