Si le Coronavirus nous a appris quelque chose, c’est à prendre du recul sur la réalité des facteurs de risque. L’épidémie de Coronavirus a sauvé des vies, par le confinement généralisé qu’elle a entraîné. A Wuhan, la qualité de l’air s’est significativement améliorée (7). En France, cette même baisse de la pollution de l’air aurait sauvé, selon une étude relatée par le journal Le Monde (8), près de 11 000 vies en un mois.
Mais le Coronavirus pourrait aussi causer indirectement de nombreuses morts si les individus renonçaient à leur traitement, de peur d’aller chez le médecin pendant la crise, ou si des scientifiques peu responsables incitaient les individus à se mettre au tabac pour se protéger des effets du Coronavirus.
Le tabac tue. Pour rappel, la fumée issue de sa combustion contient plus de 4000 substances, dont de nombreuses sont d’ores et déjà répertoriées comme toxiques ou cancérigènes. Chaque année, dans le monde, 8 millions de personnes décèdent des suites du tabagisme et, en France, 75 000 décès évitables sont imputés au seul tabac. À titre de comparaison, le Coronavirus n’a provoqué le décès « que » de 244 000 personnes dans le monde, dont 24 800 en France, à l’heure où ces lignes sont écrites.
Un autre chiffre est encore plus évocateur une fois mis en perspective : si environ 98% des personnes infectées par le coronavirus survivent, seulement un fumeur sur deux qui a continué à fumer jusqu’à la fin de sa vie ne décédera pas des effets du tabac.
Enfin, deux études chinoises tendent à démontrer que les fumeurs infectés par le coronavirus ont plus de risques de contracter des formes graves de la maladie, de voir leur état s’aggraver. Le facteur serait de l’ordre de 1,4 fois de risque supplémentaire d’avoir des symptômes graves (9) et 2,4 fois plus de risque d’être admis dans une unité de soin intensif (10).
C’est donc un calcul terrible de se mettre à fumer pendant l’épidémie de coronavirus, dans l’espoir de s’en protéger, et ce, même s’il était avéré que ce comportement constitue une barrière efficace contre ce virus. Il faut, dans la mesure du possible, arrêter le tabac au plus vite et protéger ses proches, confinés près de soi, du tabagisme passif.