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L'avenir incertain de la vape aux États-Unis après l'élection de Joe Biden

Publié le : 19/11/2020
Catégories : Actualité générale

Dans un discours prononcé en période préélectorale, début 2020, Joe Biden provoqua l’ire de la communauté des vapoteurs, en montrant une hostilité certaine à l’encontre de l’e-cigarette, tranchant avec la position modérée de Donald Trump sur ce sujet.

L’élection de Biden à la présidence des États-Unis se produit dans un contexte déjà très compliqué pour la vape outre-Atlantique. Accablée d’être un fléau pour les jeunes, dans le collimateur des autorités sanitaires et fréquemment attaquée par des décisions normatives radicales, la vape va-t-elle être interdite sous le mandant de Joe Biden ?

La vape aux États-Unis d'Amérique

Les prises de position récentes de Joe Biden au sujet de la vape

C’est à l’occasion d’un discours de campagne prononcé dans l’Iowa, en janvier 2020, que le nouveau Président des États-Unis dévoila sa position sur l’e-cigarette. Il répondait alors à un électeur local qui lui demandait si, à l’instar de Donald Trump (qui avait récemment envisagé des scénarios revoyant à la baisse les mesures restrictives envisagées à l’encontre de l’industrie de la vape au bénéfice des petites entreprises), il était sensible aux conséquences des mesures touchant le marché de la vape.

La réponse de Joe Biden fut cinglante : « Je n’ai rencontré aucun des petits commerçants qui vendent des produits de la vape. Mais je vais vous dire une chose, tout le monde sait qui est Donald Trump, et nous devons lui faire savoir qui nous sommes. Et je choisis la science plutôt que la fiction. Et donc, si la science a démontré que le vapotage fait de gros dégâts, alors je me fiche de ce qu’elle fait à un petit entrepreneur qui vend ce genre de choses. Si elle abime les poumons, si elle cause le genre de lésions que les études incomplètes pour le moment suggèrent, s’il s’avère que c’est le cas, je l’éliminerai. Je le ferai, je le poursuivrai avec acharnement » (1).

Dans une interview accordée au média Bloomberg, Joe Biden a ajouté que s’il était élu, il « arrêterait la commercialisation de l’e-cigarette tant que des recherches scientifiques sur ses effets n’auront pas été conduites » (2).

Un discours peu rationnel, motivé par des considérations électorales

Malgré plusieurs références à l’état de la science, Joe Biden a de toute évidence une position dogmatique sur la nocivité de la vape. De nombreuses études avaient déjà montré, au moment de son discours, la très faible nocivité de la vape, comparativement à la cigarette ou au tabac chauffé. Le consensus scientifique était, à ce moment, établi sur une nocivité inférieure de 95% de l’e-cigarette par rapport à la cigarette. Depuis, des études récentes ont encore revu à la baisse la nocivité de l’e-cig, à l’image de la récente recherche diligentée par l’institut Pasteur.

Biden montre également, par ce discours une absence totale de considération pour l’industrie de la cigarette électronique. Dans un passage agressif, il déclare se ficher (« I don’t care… ») des retombées économiques d’une prohibition de la vape sur le sol américain. Cette hostilité gratuite adressée aux petites entreprises de l’e-cigarette a de quoi surprendre. Pourquoi un tel comportement ? Tout indique qu’il s’agit d’un positionnement politique intéressé, pour s’opposer à son adversaire conservateur et ultralibéral, Donald Trump.

En pleine guerre électorale, Biden aurait-il voulu faire passer Trump pour un irresponsable, sacrifiant la santé de ses concitoyens, au profit de quelques industries (3) ? C’est fort probable. Quoi qu’il en soit, ce discours est à rapporter aux prises de position relativement nuancée de l’ex-Président au sujet de la vape. Force est de reconnaitre que Donald Trump, s’il faut lui refuser à tout jamais le titre de Président de la modération, a montré, face à la cigarette électronique, un certain pragmatisme.

Un contexte de plus en plus négatif pour la vape aux États-Unis

L’Amérique du Nord est sans conteste le lieu de tous les extrêmes en matière de vape. Lieu de naissance du géant JUUL et marché très important en termes de volume de vente, elle fut également le théâtre d’une hostilité normative très marquée contre la vape ces dernières années. Ces interdictions firent suite à certains grands scandales qui ont fortement terni l’image de la vape aux États-Unis, notamment en 2019, durant la bien nommée « année noire » de l’e-cigarette.

Le scandale des liquides frelatés est né de la médiatisation de la mort de 50 Américains, à la suite de lésions pulmonaires imputées à l’e-cigarette. Si ces décès venaient d’un mésusage de la part des utilisateurs, ils eurent pourtant d’importantes répercussions politiques. Au même moment, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publiait son fameux rapport de 2019, dans lequel elle accusa la e-cigarette de tous les mots, et la Food and Drug Administration (FDA) prit sans ambigüité position contre l’e-cigarette.

Les conséquences ne se firent pas attendre. Ces deux dernières années, de nombreux États américains prirent des mesures pour interdire les arômes dans les e-liquides, voir même, pour prohiber tout bonnement l’usage de l’e-cigarette sur leurs territoires. Certes, certains États, à l’image de New York, furent épinglés par les cours suprêmes fédérés pour avoir pris des mesures excessives (4), mais cette tendance est restée très minoritaire.

Le privé n’a pas été épargné. Apple a préféré retirer de l’AppStore toutes les applications liées de près ou de loin à la cigarette électronique et, fin octobre 2020, le PDG de Google a reçu une lettre, signée par 180 associations à travers le monde, lui enjoignant de faire de même sur le Play Store. Il semblerait que l’entrée en vigueur récente du Premarket Tobacco Product Applications (PMTA), une réforme aux conséquences immenses pour les grandes industries de la vape, n’ai pas calmé les esprits aux États-Unis. Le camp des anti-vape est indéniablement en train de l’emporter.

Conclusion

Donald Trump a pris des décisions parfois très contradictoires au sujet de la vape, déclarant, par exemple en novembre 2019 vouloir interdire les arômes des e-liquides, avant de faire rapidement fait machine arrière. Néanmoins, il affirma de nombreuses fois considérer l’e-cigarette comme une alternative viable pour les fumeurs, très avantageuse pour ceux qui arrivent à passer le pas. Avec l’élection de Joe Biden, une chose est sure : outre-Atlantique, les perspectives s’obscurcissent considérablement pour la vape.

(1) https://www.atr.org/joe-biden-suggests-he-would-eliminate-vaping-if-elected?fbclid=IwAR00156-CGjWf-5IKupFZNlIlNgk0Ic7SFBWVmOMFGdVFJp11dpsO8vg5LQ

(2) https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-01-05/joe-biden-says-he-would-halt-vaping-sales-pending-more-research

(3) https://www.vapes.com/blogs/news/if-he-becomes-president-biden-says-he-will-eliminate-vaping-pending-further-studies

(4) Un recours a été déposé par la Vapor Technology Association (VTA), suite à l’interdiction par des fonctionnaires gouvernementaux de New York des arômes dans les e-liquides sur le territoire. La juge Catherine Cholakis, de la Cour suprême de l’État, a déclaré ces mesures inconstitutionnelles, les a abrogées et a enjoint les autorités de l’État de New York à rembourser les frais juridiques engagés par la VTA.

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