Pourquoi l’ANSES déconseille une taxation excessive des e-liquides
La fiscalité des produits du vapotage fait régulièrement l’objet de débats politiques. Certains proposent d’aligner la taxation des e-liquides sur celle du tabac, au nom du principe de précaution ou d’une logique de cohérence sanitaire. Pourtant, dans son rapport d’expertise, l’ANSES adopte une position nuancée et met en garde contre les effets contre-productifs qu’une taxation excessive pourrait engendrer.
Février 2026
Ce que dit précisément l’ANSES
Le rapport souligne qu’une fiscalité trop élevée sur les e-liquides pourrait :
• décourager certains fumeurs d’utiliser la cigarette électronique comme outil de sevrage ;
• pousser des vapoteurs vers le DIY non contrôlé ;
• favoriser le développement d’un marché parallèle ;
• exposer les consommateurs à des produits de qualité incertaine.
L’ANSES précise notamment :
« Une taxation excessive pourrait favoriser le report vers des produits faits maison avec des ingrédients non adaptés et le développement d’un marché parallèle (…) comportant des risques sanitaires supplémentaires. »
Cette mise en garde ne relève pas d’un argument économique, mais d’une logique de santé publique.
Pourquoi la fiscalité peut devenir un enjeu sanitaire
Contrairement au tabac, dont la dangerosité est avérée et massive, la cigarette électronique est majoritairement utilisée par des fumeurs cherchant à réduire ou arrêter leur consommation.
Dans ce contexte, augmenter fortement le prix des e-liquides pourrait avoir plusieurs conséquences indirectes :
• ralentir les démarches de sevrage tabagique ;
• rendre la vape moins accessible que la cigarette ;
• recréer des incitations financières en faveur du tabac.
L’ANSES rappelle que l’objectif doit rester la réduction des risques, et non l’alignement mécanique des fiscalités.
DIY et marché parallèle : un risque réel
Le rapport met également en lumière un point rarement évoqué dans le débat public : le risque de développement d’un marché non contrôlé.
Si les produits réglementés deviennent trop coûteux, certains consommateurs pourraient se tourner vers :
- des préparations artisanales sans contrôle qualité ;
- des ingrédients inadaptés ;
- des circuits de vente informels.
Ces pratiques comporteraient, selon l’ANSES, des risques sanitaires supplémentaires liés à l’absence de traçabilité et de contrôle.
Encadrer plutôt que surtaxer
Plutôt qu’une fiscalité dissuasive, l’ANSES privilégie :
- l’encadrement réglementaire ;
- la normalisation des produits ;
- le contrôle de la qualité des e-liquides ;
- l’information claire des consommateurs.
Cette approche vise à protéger les utilisateurs tout en préservant l’intérêt sanitaire de la réduction des risques par rapport au tabac.
Ce qu’il faut retenir en tant que vapoteur
La position de l’ANSES ne consiste pas à défendre le vapotage comme produit de consommation courante.
Elle rappelle simplement qu’une politique publique doit tenir compte :
- des usages réels (majoritairement des fumeurs) ;
- du différentiel de risques avec le tabac ;
- des effets indirects potentiels d’une fiscalité excessive.
Dans une logique de santé publique, l’objectif reste d’éviter la combustion du tabac, principale source de danger.
Fiscalité de la vape : ce que dit le rapport ANSES
Dans son analyse, l’ANSES met en garde contre les effets sanitaires indirects qu’une taxation excessive des e-liquides pourrait entraîner.
FISCALITÉ ET SANTÉ PUBLIQUE : UN ÉQUILIBRE DÉLICAT
La question de la taxation des e-liquides dépasse le simple enjeu budgétaire. Dans son rapport, l’ANSES met en garde contre les effets sanitaires indirects qu’une fiscalité trop élevée pourrait entraîner.
UN RISQUE DE REPORT VERS DES PRODUITS NON CONTRÔLÉS
Selon l’agence, une taxation excessive pourrait pousser certains vapoteurs vers le DIY non encadré ou vers un marché parallèle, avec des ingrédients de qualité incertaine et des risques sanitaires supplémentaires.
NE PAS FREINER LA RÉDUCTION DES RISQUES
La cigarette électronique étant majoritairement utilisée par des fumeurs ou ex-fumeurs, une hausse importante des prix pourrait décourager l’arrêt du tabac et compromettre la réduction des risques.
Pour aller plus loin
Pour comprendre l’ensemble des conclusions scientifiques du rapport ANSES et le contexte médiatique dans lequel il a été présenté :
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